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| Accueil >Les Brèves Rouge du XVe >Numéro 6 - Février 2004 | ||||||||||||
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Février 2004
Budget de Paris : c’est la dèche !Près de 200 000 inscrits à l’ANPE, dont 130 000 reconnus officiellement comme chômeurs, 50 000 RMIstes et des dizaines de milliers de salariés à temps partiel en dessous du SMIC, 100 000 demandeurs de logements sociaux, des dizaines de milliers de Parisiens dans des hébergements précaires, insalubres, à l’hôtel ou à la rue et des expulsions encore plus nombreuses en 2003...
Paris est le département où les écarts de revenus sont les plus grands : les 10 % les plus aisés déclarent un revenu 8,7 fois plus élevé que les 10 % les plus modestes, ces 10 % étant eux-mêmes plus pauvres que dans le reste de la France. La municipalité parisienne, depuis 2001, a pris en compte un certain nombre d’inégalités entre les arrondissements en investissant dans le Nord-Est parisien délaissé par Chirac et Tibéri. Mais les mesures en faveur des populations les plus défavorisées sont en réalité très limitées, comme le montrent les budgets adoptés depuis 2001. En effet le Maire a décidé de ne pas toucher au montant des impôts locaux pendant six ans. Paris, la ville la plus riche de France, a le taux d’imposition le plus faible de toutes les grandes villes du pays. Le produit des taxes foncières et taxe d’habitation par habitant est deux fois plus faible que la moyenne nationale. Le taux de la taxe professionnelle est, lui aussi, près de deux fois moins élevé. Ces décisions bénéficient essentiellement aux Parisiens les plus riches et aux entreprises et elle a un coût : il est impossible de développer les services publics locaux dont certains manquent cruellement de moyens et de personnels. Il est impossible de mettre en oeuvre une politique sociale à la hauteur des moyens dont pourrait disposer Paris. Le budget voté le 16 décembre par le PS, les Verts, le PC et le MRC au Conseil de Paris fait état d’une augmentation de 10 % des dépenses sociales, mais cette augmentation est due pour l’essentiel à des dépenses légales obligatoires et non à des initiatives du maire de Paris. Le budget des aides distribuées par le centre d’action sociale n’a que très peu bougé depuis 2001. En pratique, ces aides restent limitées aux familles de trois enfants (quels que soient leurs revenus) et aux personnes âgées. Elles sont pour la plupart réservées aux personnes habitant Paris depuis plus de trois ans, comme si on venait s’installer à Paris pour bénéficier de son système d’aides sociales. Le Maire de Paris a choisi de ne pas toucher aux aides mises en place par Chirac et Tibéri, sans pour autant développer de façon significative de nouvelles aides pour les personnes en difficulté. Si l’on portait le niveau d’imposition des Parisiens et des entreprises au niveau de la moyenne des villes de France, les ressources dégagées se monteraient à dix fois le montant actuel des allocations d’aide sociale versées par le Centre d’Action Sociale ou à la somme des crédits nécessaires pour la construction de 400 crèches. Il serait possible si la mairie le voulait : Pour répondre aux demandes de logements des Parisiens, il faut une politique régionale et nationale de construction de logements à la hauteur des besoins, et des dispositions favorisant l’attribution des 10 % de logements parisiens vides (12 500 dans le XVe) aux mal-logés. Pour combattre le chômage, il faut une loi interdisant les licenciements et une vraie politique de
développement des services publics. Pour lutter contre la pollution, il faut développer le réseau de transport public et promouvoir des transports gratuits. Mais ce que la gauche en place à Paris pourrait faire, elle ne le fait pas... Une bonne raison de soutenir les listes LCR-LO conduites par Arlette Laguiller et Olivier Besancenot.
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