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Décembre 2002
"Objectif Boucicaut" ? Résorber le déficit en logements sociaux !
Les terrains occupés par l’hôpital Boucicaut avaient à l’origine une vocation sociale. Qu’en sera-t-il après le départ des services hospitaliers vers Pompidou et la reprise du site par la mairie de Paris ?
La réhabilitation des terrains et des bâtiments de l’ancien hôpital Boucicaut est un projet important pour le XVe arrondissement et les habitants l’ont bien compris. Preuve en est la forte participation à la réunion publique du 17 octobre au Patronage laïc qui a fait salle comble à cette occasion.
Cette réunion faisait suite aux journées portes ouvertes sur le site du projet, les 21 et 22 septembre, auxquelles 1 600 personnes ont participé. Trois cents d’entre elles y avaient formulé des suggestions en remplissant le questionnaire mis à leur disposition.
La réunion du 17 octobre était présidée par Anne Hidalgo, première adjointe socialiste au maire de Paris, et présidente de la SEMEA 15, société d’économie mixte en charge de la réhabilitation. L’architecte Paul Chemetov et trois responsables de la SEMEA 15 ont présenté ce projet, avant de laisser la place aux questions du public.
L’ensemble s’étendra sur plus de 46 000 m2 construits et 7 200 m2 d’espaces verts. Il sera constitué de bâtiments de faible hauteur et rétablira l’ouverture du site sur les rues latérales. Une variante du projet, avec 60 000 m2 de constructions, est également à l’étude. Elle prévoit des constructions de quatre étages au lieu de deux dans le projet de base.
La répartition dans la version de 46 000 m2 s’opérerait de la manière suivante :
Ecoles maternelle et élémentaire : 2 700 m2 (création)
Crèche : 900 m2
Fondation pour les handicapés : 1 375 m2 (transfert)
Commerces : 1 650 m2
Locaux destinés à des activités ou des équipements à définir : 6 000 m2 (extensibles à 10 000 m2)
Logements : environ 35 000 m2, constituant ainsi la part la plus importante.
Il est prévu que la réalisation du projet s’étale jusqu’en 2010, et progresse au rythme du retour sur le site de Jussieu des laboratoires de la Faculté Paris VI qui occuperont les bâtiments existants pendant les opérations de désamiantage :
Ecole : 2002 - 2003
Crèche et fondation pour les handicapés : 2003 - 2005
Logements : 2005 - 2008 dans l’îlot central, 2009 - 2010 sur la rue des Cévennes.
« Logements abordables » ?
Lorsque fut abordée la question du type de logements qui seront construits, un certain flou est apparu. Anne Hidalgo déclara préférer le terme de logements abordables pour qualifier la part de 50 % annoncée comme destinée à des logements sociaux.
Puis au fil de la discussion, on apprit que la "cible" retenue par la SEMEA 15 pour occuper ces logements serait "un couple avec deux salaires mensuels de 8 000 à 10 000 francs". Si l’on applique le rapport habituel entre salaire et loyer, ils ne seraient donc "abordables" qu’à la condition de pouvoir payer un loyer mensuel de 600 à 750 euros ! Les prix du marché locatif du secteur privé ne sont plus très loin.
Enfin, lorsque Anne Hidalgo évoque l’attribution prioritaire de ces logements aux fonctionnaires de l’Etat, le doute est permis sur la transparence dans les critères d’attribution. Il n’y a pas un clientélisme meilleur qu’un autre. Une telle approche ne vaudrait pas mieux que la sélection par l’argent opérée par la Droite qui favorise la spéculation immobilière dans le XVe depuis des années.
Nous pensons pour notre part que le projet Boucicaut doit au contraire être l’occasion d’amorcer la résorption du déficit de l’arrondissement en logements sociaux. Avec seulement 7 % de logements sociaux actuellement (pour un objectif de 20 % fixé par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain), le XVe ne répond pas aux besoins en logements des habitants ayant de faibles revenus. Le manque de mixité, qu’elle soit sociale ou générationnelle, est certainement l’un des facteurs qui handicape le développement de l’arrondissement le plus étendu de Paris.
Les militants de la LCR du XVe arrondissement sont intervenus lors du débat public, pour souligner la nécessité de consacrer 50 % du projet immobilier à des logements réellement sociaux, attribués dans la transparence, dans le seul souci de répondre aux besoins de la population.
Ils ont également demandé la prise en compte des demandes exprimées lors de la présente consultation. Enfin, ils ont réclamé des garanties sur le respect, durant les huit années du projet, couvrant plusieurs mandats, des engagements pris aujourd’hui devant les habitants du XVe.
Une seconde réunion publique est prévue pour le mois de décembre. Elle aura pour but de présenter le projet finalisé après les délibérations du conseil d’arrondissement et du conseil de la mairie de Paris. La LCR du XVe sera présente à cette réunion, y interviendra, et vous informera dans un prochain numéro des Brèves Rouge du XVe.

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